Le smartphone ne prévient pas quand il dépasse la dose quotidienne recommandée. Les écrans se sont installés partout : dans la chambre, à table, dans les cartables et jusque dans la poche arrière des ados. Impossible d’y couper, et ce n’est pas qu’une affaire de génération. Mais quand le temps passé en ligne grignote la santé, la concentration ou les relations, il faut réagir. Reste à trouver comment faire descendre l’aiguille du compteur sans transformer la maison en champ de bataille.
Composer avec les écrans, c’est parfois jouer à l’équilibriste. Les enfants et adolescents naviguent entre devoirs, réseaux sociaux et séries en streaming, tandis que les adultes tentent de garder la barre. À force, les yeux fatiguent, l’humeur s’émousse, et le sommeil s’efface peu à peu. Quand la saturation numérique guette, il existe des leviers simples pour préserver le bien-être des plus jeunes tout en maintenant le lien avec leur époque.
Évaluer et diminuer le temps d’écran
Impossible d’agir efficacement sans diagnostic. Les smartphones Android comme Apple proposent des outils intégrés qui dressent un état des lieux précis du temps passé devant l’écran. En quelques clics, le détail des heures et des applis saute aux yeux et fait immédiatement naître une prise de conscience partagée dans la famille.
- Screen Time sur iOS
- Digital Wellbeing sur Android
Mettre la famille au défi de réduire son exposition numérique révèle parfois que les adultes ne sont pas moins concernés. Lorsqu’Emmanuel Macron aborde la question de l’encadrement du temps d’écran chez les enfants, il ne s’agit pas d’un simple effet de communication. Vanessa Lalo, psychologue spécialiste des usages numériques, décortique les impacts d’une exposition excessive sur le développement des adolescents. Quant à Gabriel Attal, il avertit sur les conséquences d’une consommation sans limite.
Repères d’experts
Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, a élaboré des balises simples, adaptées à chaque âge. Pour les plus jeunes, l’écran ne devrait s’inviter qu’à une dose très modérée. Chez les adolescents, l’idée consiste à contrebalancer le virtuel par des activités physiques ou des sorties entre copains. Quelques repères concrets :
| Âge | Temps d’écran recommandé |
|---|---|
| 3-6 ans | 30 minutes à 1 heure |
| 7-12 ans | 1 à 2 heures |
| 13-18 ans | 2 à 3 heures |
Instaurer des règles et des temps sans écran
Pour éviter que l’écran ne devienne la seule boussole familiale, il faut instaurer des repères clairs, connus de tous. Décider collectivement de moments où les appareils restent au vestiaire, pendant les repas ou avant le coucher, encourage le dialogue, tisse la complicité et forge des souvenirs. Couper les notifications, poser les écrans, ce sont ces pauses qui retissent, soir après soir, le fil des échanges authentiques.
Veille et sécurité numérique
La vigilance ne concerne pas uniquement les horaires. Parler sans détour d’Internet et des réseaux sociaux s’impose. Évoquer sans fausse pudeur les sujets qui fâchent, données personnelles, cyberharcèlement, réputation en ligne, c’est préparer les jeunes à faire face, à détecter les pièges et à s’affirmer sur la Toile.
- Protéger ses informations personnelles
- Ne pas divulguer d’informations sensibles
- Signaler tout comportement suspect
Diversifier les temps hors écran
Chez les ados, miser sur des alternatives concrètes fait toute la différence. Jeux de société, sport, loisirs créatifs : ces activités retrouvent un sens particulier lorsqu’on les (re)découvre en famille ou entre amis. L’accès facilité à un club grâce à certaines aides redonne des couleurs à la vie quotidienne des jeunes.
| Activité | Bénéfices |
|---|---|
| Jeux de société | Favorisent la communication et l’esprit d’équipe |
| Sports | Mobilisent le corps et l’énergie |
| Arts créatifs | Développent l’imagination et l’expression personnelle |
Ces nouveaux rendez-vous permettent peu à peu d’estomper la place des écrans et redonnent de la valeur au temps partagé, sans tension ni conflit.
Encourager les activités sans écran
Limiter l’accès aux appareils ne suffit pas : il s’agit aussi de nourrir la journée avec d’autres expériences. Parents et enfants, ensemble, découvrent d’autres terrains de jeu, loin des pixels et des réseaux sociaux. C’est l’occasion de replacer la convivialité, la curiosité et le mouvement au centre du quotidien.
Le jeu de société n’est pas réservé aux jours de pluie. Il développe le raisonnement, la coopération, l’argumentation. L’activité physique, elle, défoule et ressource. D’autres familles improvisent des ateliers cuisine, bricolent, dessinent ou s’initient à la photographie… Il y a mille façons de réinventer les loisirs, loin du numérique.
Voici quelques exemples d’activités pour varier le quotidien :
- Randonnées en famille, dès le week-end venu
- Ateliers cuisine pour partager un plat préparé ensemble
- Petits défis artistiques, qu’il s’agisse de peinture, de collage ou de customisation d’objets
L’important, c’est de donner le ton. Lorsque les adultes montrent l’exemple et ne dégainent pas leur téléphone au moindre instant creux, le message passe. L’équilibre numérique s’incarne d’abord dans les gestes du quotidien.
Quand tout le foyer s’implique, les bénéfices se multiplient : l’ambiance est plus posée, les jeunes gagnent en autonomie et cultivent de nouvelles aptitudes, loin des écrans.
Assurer la sécurité en ligne
Sur Internet, la vigilance reste la règle. Les réseaux sociaux, TikTok, YouTube, WhatsApp, Snapchat, Instagram, rythment la vie des adolescents. Mieux vaut comprendre ces plateformes, leurs codes et leurs risques, pour mieux accompagner les plus jeunes dans leur navigation.
Les données de l’Ofcom révèlent un attrait massif pour ces univers numériques. Cela impose de fixer des limites, de dialoguer régulièrement sur les usages et de surveiller, sans contrôle excessif, les échanges virtuels.
- Recourir aux outils de contrôle parental proposés sur les appareils
- Définir, selon l’âge, des limites de temps sur chaque application
- Aborder sans détour les sujets sensibles : arnaques, fausses informations, pression des pairs, cyberharcèlement
Android et Apple proposent des fonctionnalités de suivi qui aident à paramétrer, sans tout interdire, le temps passé sur chaque appli. Activer ces réglages suffit souvent à apaiser les tensions, tout en laissant aux jeunes une part de responsabilité.
| Plateforme | Options de sécurité |
|---|---|
| TikTok | Mode restreint, gestion des contenus visibles |
| YouTube | Recherche sécurisée, version dédiée aux enfants |
| Réglages de confidentialité, signalement facile | |
| Snapchat | Blocage, paramètres privés, signalement d’abus |
| Contrôle sur les commentaires et le partage |
Entre confiance, écoute et mise en garde sincère, les jeunes prennent en main leur sécurité numérique. Quand la conversation reste ouverte, quand le dialogue s’installe, chaque membre du foyer trouve sa juste place. Au bout du compte, ce n’est pas l’écran qui dicte la règle : c’est la qualité du lien humain qui l’emporte toujours sur le bruit du virtuel.


