Un chiffre sec, presque brutal : en France, l’article 371-1 du Code civil rappelle que l’autorité parentale ne se limite pas à un simple pouvoir, mais qu’elle vise aussi à traduire les droits et les devoirs de l’enfant dans la réalité. Les textes internationaux abondent, affirmant que tout droit accordé à un enfant s’accompagne d’attentes éthiques et sociales. Pourtant, face à la reconnaissance grandissante des droits de l’enfant, l’équilibre subtil entre liberté individuelle et responsabilité collective continue de susciter débats et tâtonnements.
Certains devoirs, pourtant structurants, passent trop souvent sous silence dans l’éducation quotidienne. Cette ignorance, loin d’être anodine, peut déstabiliser aussi bien la famille que le tissu social, freinant l’épanouissement des enfants.
Pourquoi les droits de l’enfant impliquent aussi des devoirs
La convention internationale relative aux droits de l’enfant, adoptée en 1989 sous l’égide des Nations unies, trace la ligne : chaque droit fondamental reconnu à l’enfant s’accompagne d’une responsabilité. Ces droits ne flottent pas dans l’abstrait : ils n’existent pleinement que si chacun s’engage dans la vie collective, auprès de sa famille, de ses camarades, de la société. Ce principe irrigue toute la philosophie des textes internationaux.
Les États signataires promettent de garantir la protection, l’épanouissement physique et psychique des enfants, mais rappellent d’un même souffle que le respect des autres est indissociable. La convention internationale pose l’intérêt supérieur de l’enfant comme boussole, tout en affirmant la nécessité d’un équilibre. Les droits ne sont pas des passe-droits ; ils s’inscrivent dans une réalité partagée.
Les textes multiplient les rappels : chaque enfant doit apprendre à considérer les droits d’autrui, à participer activement à la vie du groupe, sans jamais entraver la liberté des autres. La protection va de pair avec l’acceptation de règles communes. Les controverses récentes, qu’elles concernent l’école, la famille, ou l’espace public, témoignent de la difficulté à incarner ce duo droits-devoirs, pourtant au cœur des enjeux éducatifs et juridiques d’aujourd’hui.
Quels sont les cinq engagements essentiels à respecter dès l’enfance ?
Dans la vie de tous les jours, les devoirs de l’enfant s’enracinent dans la réciprocité. Dès les premiers pas, ils façonnent le rapport à soi, aux autres, à la société. Voici les cinq engagements qui structurent ce chemin.
- Respect des adultes et des pairs. Reconnaître l’autorité des parents, des enseignants, des éducateurs, c’est accepter le dialogue et la transmission, c’est instaurer la confiance.
- Respect des droits d’autrui. Apprendre à ne pas empiéter sur la liberté, la dignité ou les biens des autres : à l’école, à la maison, dans la rue, cette exigence construit la coexistence.
- Contribuer à la vie collective. Prendre part aux tâches du quotidien, accepter les règles, s’impliquer dans la classe ou le groupe : ces gestes, parfois anodins, forgent le sens de l’appartenance.
- Protection de soi et des autres. Adopter des réactions responsables face au danger, à la violence, à l’exclusion : préserver l’intégrité de chacun, c’est déjà agir pour le collectif.
- Respect des engagements scolaires. Être présent, à l’heure, fournir un travail personnel : l’éducation est un droit, mais elle prend tout son sens quand l’élève s’y engage vraiment.
Ces cinq engagements préparent à la vie commune. Ils s’inscrivent dans la construction du citoyen dès l’enfance, dans la continuité de la convention internationale et du droit français.
Comprendre le rôle des parents et éducateurs dans l’apprentissage des devoirs
Transmettre les devoirs de l’enfant ne se réduit pas à dicter des règles. Les parents et les éducateurs, qu’ils soient enseignants, animateurs, intervenants associatifs, incarnent les premiers repères : par leur cadre, la régularité des échanges, l’exemplarité de leurs comportements. Leur rôle forge la responsabilité et stimule l’envie d’agir.
Le dialogue reste la clé. À la maison, il aide l’enfant à comprendre le sens des règles. À l’école, lors d’activités ou de sorties, il éclaire les conséquences de chaque geste sur autrui. Les parents servent de médiateurs, ajustant les attentes à l’âge, à la maturité, aux capacités de chacun.
Les avancées de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant rappellent que guider, c’est doser : accompagner l’autonomie sans jamais l’étouffer. Le comité des droits de l’enfant insiste sur la nécessité de conjuguer protection et responsabilisation. Reste à trouver l’équilibre : soutenir sans contrôler, encourager sans entraver.
Quand parents et professionnels de l’éducation marchent ensemble, ils décuplent leur impact. Cette collaboration, soutenue par les États membres de l’Organisation des Nations unies, permet de repérer les difficultés, de valoriser chaque progrès, d’assurer une cohérence éducative.
Grandir ensemble : comment encourager l’engagement et la responsabilité chez l’enfant
Favoriser l’engagement et la responsabilité chez l’enfant, c’est avant tout une histoire d’attention au quotidien. Chaque règle posée, chaque échange, chaque encouragement façonne le délicat équilibre entre liberté et accompagnement. L’épanouissement physique, moral, mental et social s’enracine dans la qualité des relations, la reconnaissance des efforts et le droit de se tromper.
Les textes internationaux, à l’image de la convention relative aux droits de l’enfant, rappellent que les enfants ne sont pas des spectateurs : ils participent activement à leur propre trajectoire. Donner la parole, encourager la participation aux choix du quotidien ou aux activités collectives, ce n’est pas superflu. L’accès aux loisirs, activités récréatives, vie culturelle et artistique n’est pas un supplément d’âme : c’est le socle d’un véritable développement.
Voici quelques leviers concrets pour soutenir cette dynamique :
- Permettre à l’enfant d’exprimer ce qu’il ressent, de formuler une demande, d’écouter l’autre.
- Reconnaître chaque initiative : ranger ses affaires, proposer une idée dans un groupe, respecter les règles d’un jeu.
- Associer l’enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.
La diversité des contextes, pays, cultures, situations familiales, invite à adapter les pratiques sans jamais sacrifier l’objectif : permettre à chaque enfant de s’affirmer, de réfléchir et d’agir, dans le respect de sa singularité. Le fonds des Nations unies pour l’enfance rappelle l’importance de suivre le rythme de chacun, sans discrimination selon le sexe, la langue ou la religion.
Grandir, c’est apprendre à conjuguer droits et devoirs. Et si, demain, la société valorisait tout autant la responsabilité que la liberté ? L’avenir des enfants, et, par ricochet, le nôtre, dépend de cet équilibre délicat, que l’on bâtit jour après jour.


